Mercredi 19 octobre 2005

Semaine du 5 au 11 septembre

Lundi 5/09

Aujourd'hui, piscine : pas question de rater notre séance de sport. Nous achetons nos billets au distributeur, puis les tendons à une jeune femme qui s'empresse de nous parler dans un anglais parfait avec un fort accent américain. Nous en profitons pour lui demander où nous pourrons nous procurer des bonnets de piscine. Elle nous conduit dans un grand bureau où des piles de dossiers attendent sur des tables. Le seul occupant de la pièce, d'un âge certain, vient vers nous et nous tend des cercles de papiers portant une inscription sur leur bord. Après avoir essayé ces patrons de chapeaux et défini ainsi notre taille, l'employé nous invite à choisir la teinte de notre bonnet parmi un dégradé impressionnant de couleurs. Avec les lunettes de piscine et les serviettes de bain achetés à la 100 yens shop nous sommes parés pour aller enfin nager.Nous nous séparons pour nous déshabiller, une première rangée de casiers sans cadenas accueillent les chaussures. Je pénètre dans la pièce commune et me change, puis range mes vêtements dans une consigne. Jusque là rien de trop étrange. Aux toilettes des savattes attendent les nageuses, rose bonbon pour les mamans et rose avec des petits dessins pour les petites filles. La piscine n'est pas toute jeune mais encore en très bon état. Dans l'eau des personnes plutôt agées évoluent au rythme d'une musique moderne. Les plus jeunes des occupants de la piscine nagent, pendant que de l'autre côté des lignes, s'activent des marcheurs aquatiques. La profondeur de l'eau ne dépasse pas 1m20 et de nombreux hommes et femmes font les 100 pas en faisant des mouvements vigoureux des bras. Je me glisse dans l'eau, 25m, 50m, .... 300m de brasse coulée plus tard, une annonce est faite au micro, un coup de sifflet résonne, le bassin se vide tout à coup de ses nageurs. Au bord de la piscine, ils se mettent à discuter ou font des étirements, pendant que l'un des maîtres-nageur plonge, fait une longueur, vérifie que personne ne s'est noyé et remet en place les flotteurs des lignes. La jeune fille qui nous aidé un peu plus tôt, s'approche de moi et m'informe que les maillots 2 pièces ne sont pas autorisés. Effectivement, les femmes portent plus des shorts et des débardeurs en lycra que des maillots échancrés.Le maître nageur, semble enfin avoir fini son inspection, il se sèche rapidement et depuis sa cage vitrée donne l'autorisation de retourner dans l'eau. Nouveau coup de sifflet et c'est reparti, 25m, 50m, ...., 1000m plus tard nous ressortons heureux d'être épuisés. 1er après-midi de boulot, je m'installe sur une table, pas de téléphone, ni d'ordinateur. On me donne une liste de noms, un scripte en anglais et un en français. A moi de créer le scripte qui me conviendra et qui me permettra de décrocher le plus de rendez-vous possible. J'écoute mes collègues anglophones essayer de convaincre leur interlocuteur, ce n'est pas mon style, trop familier. Philippe Gautier, le consultant français pour lequel je dois prendre des rendez-vous est parti, il me faudra attendre le lendemain pour mettre en pratique mon argumentaire patiemment élaboré. Dans un Tokyo déserté par ses habitants pour cause de pluie fine et tenace, nous nous baladons dans les rues du quartier de Ebisu et de Daikan'yama - photos.

Mardi 6/09

Ca y est je suis lancée, l'ordinateur se sera pour plus tard, mais j'ai un téléphone, mon scripte a été testé et approuvé par Philippe. A la fin de l'après midi : je peux dire avec fierté que j'ai décroché mon premier entretien.
Le soir, nous retrouvons Gentiane et Antoine dans le quartier de Ueno, notre conversation est interrompue toutes les 3 minutes par les vibrations de la Yamanote Line qui passe sur le pont au-dessus de notre tête.Pourtant y a pas mieux que ce petit bar pour s'empiffrer de brochettes grillés et boire, un des seuls trucs que je suis capable de commander tout seul, une nama biru (bière fraîche). Entre chien et loup, dans une ambiance de fin de boulot, on avale nos gorgées de houblon au milieu des travailleurs en costume, venus là se requinquer avant de rentrer chez eux.

Mercredi 7/09

Piscine : faut pas perdre le rythme ! Gentiane m'a prêté son maillot une pièce, mais ma tenue ne va encore pas, les bagues et montres sont interdites. Septembre c'est la saison des marrons et des typhons, qui avec les tremblements de terre aiment jouer les trouble-matsuris sur l'archipel du Japon. Aujourd'hui le typhon amène la pluie, à chaque jour ses perturbations climatiques : vent, pluie chaude, pluie froide et ciel complètement dégagé pour marquer la fin de son passage. Mon vélo a creuvé, j'ai retrouvé une petite punaise à la tête verte planté dans ma roue. Heureusement il y a les 99 yens shop (petites soeurs des 100 yens shop) pour nous approvisionner en rustines, 2 couteaux plats feront office de démonte-pneu. Je passe une partie de la soirée les mains dans le cambouie à pester contre la colle des rustines, on peut dire que ça y est, au Japon, on se sent comme à la maison.

Jeudi 8/09

Dessin dans le cimetière de Yanaka. Zebraman est un héros rayé de blanc et de noir comme son animal totem le Zèbre. Il ne s'agit donc pas d'un surhomme inspiré par les passages piéton comme aurait pu laisser penser le titre, mais d'un professeur introverti qui passe ses soirées à coudre des costumes noir et blanc ridicules et à courir les rues pour débarrasser le Japon de supersvilains aux yeux verts. Incapable de s'affirmer le jour dans son rôle de professeur et de père de famille, il devient la nuit défenseur de la veuve et l'orphelin grâce à ses superpouvoirs. Contrairement à son homologue araignée, il ne les tient pas d'une morsure d'un zèbre radioactif, mais de sa capacité à croire en ses rêves. Les thèmes classiques des films du genre (habituellement produits par Hollywood) : justice personnelle, personnage mal intégré dans une société qui le rejette et menace venue de l'étranger trouvent un sens nouveau au Japon, pays de culture isolationniste qui a toujours prôner le bien être de la communauté au détriment de l'individu. Mais ce qui intéresse surtout Takeshi Mike dans ce film parodique et déjanté, c'est de nous communiquer sa nostalgie d'une époque où il était encore capable de s'imaginer dans la peau d'un Zebraman - photos

Samedi 10/09

Virée à Shimo Kitazawa, quartier dans le Sud Ouest de Tokyo, beaucoup de jeunes viennent faire les magasins, mélange de solderies, de boutiques dernier cri et de bars branchés. Nous y retrouvons G&A et un couple d'amis japonais pour goûter aux meilleures sobas (pâte de sarrazin) de la ville servies comme il se doit avec des tempuras, sorte de petits beignets ultra fin de poissons, crevettes ou légumes. Si Don Quichotte avait été un plat de soba alors nul doute que les tempuras aurait tenu le rôle de Sancho Pansa, à moins que cela ne soit l'inverse car il est impossible de déterminer lequel accompagne l'autre, toujours est-il qu'on les trouve toujours fourrés ensemble ; association aussi tenace qu'improbable. Dans le restaurant presque vide, il n'y avait que des tables de 4 personnes, nous étions 6. La propriétaire a décidé un jour que les tables ne devaient pas être rapprochées, nous avons donc été obligés de dîner à 4 sur une table et 2 sur une autre. Séparés par une distance de 50 centimètres, il n'est pas facile de lier les conversations, mais que voulez-vous, il ne fallait en aucun cas toucher à l'équilbre de la pièce, cela aurait fait désordre ...

Dimanche 11/09

Avec Gentiane et Antoine, nous prenons le train depuis Shinjuku, pour faire une petite balade/pique-nique sur le point culminant de la préfecture de Tokyo, le Mont Takao : 600 m d'altitude. Nous longeons une rivière sous une belle forêt, par un temps humide et chaud. Arrivés tout transpirant au sommet, nous nous faisons rafraîchir brutalement par une vilaine pluie. Dans un petit restau d'altitude, nous laissons les nuages se vider. Armés de parapluies et chapeaux, nous entamons la descente de notre montagne sous les dernières gouttes de pluie. Nous croisons de jolis petits bouddhas en chemin. Sieste générale dans le train du retour - photos..
Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Japon
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Lundi 17 octobre 2005

 

Semaine du 29 août au 4 septembre

   Lundi 29/08

On apprend à connaître notre nouveau quartier - photos. Un escalier mène à une petite rue piétonne où donnent des magasins au charme désuet. Nous sommes loin du Tokyo des néons et des buildings, à Nippori l'atmosphère est plutôt celle d'un village. C'est l'heure de manger nous trouvons au coin de la rue un petit magasin qui prépare tout un tas de bento (petit plat à emporter). Nous avons de la chance, la vendeuse nous gratifie chacun d'un oeuf dur. Impossible de lui expliquer que nous n'aimons pas ça.

Maëlle donne son premier cours de Français (gratuit) à Aya. Et moi je ferais bien de prendre des cours de cuisine, mon maki d'omelette ne ressemble à rien.

  Mardi 30/08

11h15, notre train "rapid" mais pas express nous dépose à Nikko petite ville à 150 km de Tokyo. Nous découvrons des temples et jardins en accord parfait avec la nature millénaire qui les entoure - photos. Dîner à la volée dans un petit restaurant pour gagner ensuite notre pension. Pour notre première nuit dans un hôtel traditionnel, il nous faut apprendre les rudiments de la cérémonie du bain, moment sacré de la journée pour un Japonais. Il y a encore quelques décennies, les bains publics était un lieu où les Japonais aimaient se retrouver en fin de journée pour se délasser dans l'eau chaude et discuter des affaires courantes. Aujourd'hui si les salles de bain de privées se sont répandues au point de diminuer le nombre des bains publics, le rituel est resté inchangé.

Pour gagner la salle d'eau, on transite par un vestibule qui sert de pièce pour se dévêtir, vêtements propres et affaires sales sont soigneusement rangés dans deux paniers séparés posés sur une étagère. On passe ensuite à la douche que l'on prend littéralement à côté de la baignoire, pas de soucis pour l'eau, le sol de la pièce entièrement carrelé est prévu pour l'évacuer. Ce décrassage est absolument obligatoire avant de retirer le couvercle de la baignoire profonde où il est facile de s'immerger à deux avec de l'eau jusqu'au cou. Le moment est agréable, il faut juste se faire à l'idée que l'eau n'est changée qu'une fois par jour et espérer que vos prédécesseurs ont mis autant d'énergie que vous pour se nettoyer.

22 heures, nous tirons les portes coulissantes en papier de riz de notre chambre de 6 tatamis, déroulons nos futons, un dernier coup d'oeil à la composition florale disposée par notre hôtesse dans un angle sous une estampe et nous glissons notre viande dans le torchon.

  Mercredi 31/08

Petit déjeuner mi-occidental, mi-japonais champignons, soupe, riz et petits pains. Un reportage à la télé dresse le portrait d'un acteur coréen à lunette qui fait déplacer des foules d'admiratrices.

Nous continuons notre exploration de Nikko et des environs, grimpons dans la forêt par un chemin ponctué de petits temples tranquilles. Promenade le long de la rivière pour saluer Jizo, le dieu du voyage parfois coiffé d'un foulard rouge et nous rendons dans le musée des panneaux coulissants.

J'aime le bois rouge laqué, la mousse verte sur la pierre des statuts posées sous les arbres au tronc immense et rose. J'aime surtout poser ma tête sur le ventre de Maëlle dans cette maison-musée à l'architecture idéale, que nous avons rien que pour nous. De la fenêtre du 1er étage où nous nous sommes allongés, notre regard se perd dans la cime des arbres.

   Jeudi 01/09

Trouver un arubaïto (petit boulot) au Japon, n'est pas une chose aisée si vous ne parlez pas japonais. Ne pas comprendre ce que vous dit votre collègue ou pire ne pas savoir prononcer les 10 formules de politesses indispensables quand vous vous adressez à un client est rédhibitoire. Un petit espoir avait pointé le bout de son nez quand le patron de l'Amenis Bar que nous avions contacté par téléphone nous a annoncé qu'il cherchait surtout des serveurs anglophones. Nous avions rendez-vous à 18 heures dans ce bar situé dans le quartier de Roppongi. Déco de bois foncé, mobilier imposant, miroirs géants et dorures rutilantes, le cadre aurait pu être celui d'une maison de plaisirs ou d'un bar de casino à Las Vegas. Les serveurs venaient de tous les pays du monde et sur un mur on pouvait lire les horaires du bar : 18H-6H. Le patron du lieu, assis sur des sièges en velours rouge en imposait derrière sa table. Un corps aux dimensions d'armoire normande, enveloppé d'une chemise portée près du corps sur lequel était posé un visage d'un noir profond. Il passa une grosse main sur son crâne rasé comme s'il caressait du papier de verre et nous tendit l'autre en nous invitant à nous asseoir. Une brève discussion suffit à nous apprendre que nous n'étions pas ceux qu'il cherchait. Il lui fallait un personnel qui reste longtemps pour que les clients puissent s'y attacher. On se quitta bons amis, il était 18H15.

   Vendredi 02/09

Nous faisons une première tentative pour aller nager à la piscine publique Au Japon la piscine fonctionne par tranches horaires de 2 heures. Nous sommes arrivés à 12H45, la session qui avait commencé à 11H30 finissait à 13H30, la suivante débutait à 14H. Attendre 1H15 ne nous disait rien. Nous remettons notre envie de sport à plus tard, le bain ne sera pas pour cette fois.

Je me rends à Kamiacho, ligne de couleur grise Hibiya, pour un entretien avec Mark Donnely. Job à pourvoir selon l'annonce : coordinateur dans le telemarketing temps partiel ou temps plein, possibilité d'évolution. Description un peu vague, mais Mark ne veut pas me donner de détails par téléphone, il souhaite me rencontrer. Au 7ème étage d'un immeuble de briques, je suis accueillie dans un bureau plutôt vide, un ordinateur portable posé sur un bureau et un range cartes de visite très rempli. Nous nous asseyons dans un canapé de cuir vieillot et discutons. Peu de questions, il souhaite surtout me vendre le poste, il s'agit de contacter la communauté française sur Tokyo et de leur proposer des entretiens avec lui ou son homologue français, pendant lesquels ils leur proposeront des placements offshore, selon lui, les Français préfèrent être abordés par des Français. Sur chacun des contrats signés je touche une prime, en plus d'un petit fixe. Je peux travailler à mi-temps, 5 heures par jour et rester autant de temps que je veux. Vive la flexibilité. Je me laisse 2 jours de réflexion.

  Samedi 03/09

Ikebukuro : department store Tobu, 9ème étage, un hall d'exposition a été investi par des femmes de tout âge : compétition d'Ikebana, art de la composition florale. Les créatrices, leurs amies, les juges et visiteurs circulent à travers les allées pour admirer les bouquets - photos. Dans des recoins, ont été reconstitués de petits salons, dans lesquels se déroule  le fameux Cha-no-yu, cérémonie du thé. Aujourd'hui, apanages des filles de bonne famille, l'art de l'Ikebana et du Cha-no-yu ont été introduits au XVe siècle par le moines du Zen. L'esthétisme dépouillé de l'agencement des branches de fleurs répond aux gestes mesurés manipulant la poterie austère qui caractérisent la cérémonie du thé dans une recherche commune d'une beauté à la simplicité apaisante. En suivant des rituels simples et codés, ces formes d'art expriment tous les deux une passion très japonaise pour le minimalisme visant à atteindre une sérénité intérieure.

Ne participe pas qui veut à la cérémonie du thé, d'abord il faut faire la queue en se tenant bien droit dans son kimono rehaussé par un obi brodé, puis arriver à rester sans bouger, assise les fesses sur les talons en attendant que votre hôtesse vous tende un bol. Il est conseillé de posséder des feuilles de papier et un petit couteau pour recevoir et couper la pâtisserie servie avec le thé. Quand vient votre tour, avant d'absorber le liquide, il est nécessaire d'admirer le vert profond du matcha (thé vert) et la qualité de la poterie, puis de faire faire au bol une rotation de 8 cm en deux mouvements pour finalement déguster le thé, préparé avec tant d'effort par votre hôtesse. Boire du matcha est presque aussi compliqué que de le préparer : c'est une affaire d'initié.

Notre programme nous conduit ensuite du côté de Futako Shinshi où nous rejoignons un groupe de Français pour un pique-nique. Au bord d'une rivière, sous un pont où passe le métro, sont installés des dizaines de groupes de japonais, ils écoutent de la musique, boivent, dansent et jouent, profitant du beau temps. Les Japonais sont organisés et aiment être à l'aise, tente, frigidaire et groupe électrogène constituent leur équipement. Nous, nous avons juste un petit barbecue qui remplit bien son office et nourrit jusqu'à la nuit tous ces expatriés.

  Dimanche 04/09

Brocante près du métro Monzen Nakacho, on continue de vider notre compte en banque en babioles japonaises.

Essais de cuisine japonaise : aubergines sauce miso, racine de lotus, saumon revenu dans une sauce de shoyu et mirin et riz blanc.

 

Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Japon
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Lundi 10 octobre 2005

 

Semaine du 22 au 29 août

 

 

  Mardi 23/08 :

 

 
 

 

Grande virée en vélo - photos - à l'autre bout de la ville pour une promenade entre les pattes de l'araignée de Roppongi. Le vélo à Tokyo demande de l'adresse et de l'attention, non pas pour éviter les véhicules mais pour ne pas percuter un piéton. Les bicyclettes ont leur place sur les trottoirs et pas vraiment sur la route où on les aime pas. Il faut donc pédaler avec une main sur la sonnette qui tinte à tout bout de champ pour prévenir le passant mal réveillé que nous allons surgir dans son dos. Les réactions varient suivant le candidat, il y a ceux qui se poussent vite, ceux qui sursautent au risque de se retrouver sur la route et les imperturbables, ceux là pas moyen de les bouger, bruit de clochette ou pas, ils se font un devoir de ne pas dévier de la route qu'ils se sont choisie. A vrai dire, tout ça est un peu chaotique, la vie que l'on croyait si bien rangée des japonais devient sur un vélo une véritable anarchie : ils roulent sur les bas-côtés à fond les ballons, font crisser leurs freins, descendent sur la route pour prendre la circulation à rebrousse poil, et grillent  les feux rouges; ce qu'ils n'oseraient jamais faire à pied. Reste que c'est un moyen de transport très prisé ; au cours de nos sorties nous pédalons au côté des jeunes mamans qui baladent leurs enfants qu'elles rangent dans un petit panier à l'avant, là où moi j'aurais mois mis mes courses, des vieilles dames qui se rendent à leur station de métro favorite, des coursiers branchés sur des talkies-walkies  qui livrent des plis aux multinationales et parfois si on a un peu de chance, on peut apercevoir posée sur deux roues devenues ovales, la massive silhouette d'un sumotori pédaler jusqu'au stade de Kokugikan. Nous nous arrêtons au pied de la tour de la TV Asahi dans un Starbucks cosy flanqué d'une librairie où nous passons l'après-midi à taper nos textes. Le soir venu, nous zigzaguons entre quelques gouttes de pluie pour rentrer chez Gentiane qui nous a préparé un dîner de pasta au Pîîstou. Les spaghettis disparaissent dans notre gosier en même temps que nous regardons Kiki la Petite Sorcière apprendre à voler de ses propres ailes.

 

  Mercredi 24/08

 

 

 

On commence à découvrir le bonheur des boutiques à 100 yens (0,75 euros) - photos. Nous achetons de quoi équiper notre futur chez nous bols, baguettes...L'ensemble est superbe tout de noir, rouge et bois, le plus beau du Japon pour quelques euros. Petit tour à Asakusa, on craque pour un Manekineko (chat porte bonheur) tout creux et tout jaune qui sourit de toutes ces moustaches. Il servira à brûler des serpentins pour combattre les moustiques, un des plus grands fléaux de Tokyo- photos.

 

  Jeudi 25/08

 

On tape nos recettes turques que l'on met en pratique sous forme de muhallebi -recette, sorte de pudding que l'on recouvre d'une ganache et d'un coulis de fruit rouge. Histoire de voir ce que font les grands on va se frotter à Ducasse chez Benoît où nous accueille avec chaleur Natsuko que nous rencontrons pour la première fois. C'est Caroline notre amie du Brésil, croisée par hasard au détour d'un bar andalou, qui nous a mis en contact. Française de mère japonaise, Natsuko travaille depuis plusieurs années pour Alain Ducasse, elle est venue l'année dernière au Japon afin d'assurer la communication de l'ouverture des restaurants Beige et Benoît. Nous échangeons nos histoires en croquant les pâtisseries qu'a posé sous notre nez, Massimo, le sympathique chef cuisinier de Benoît.

 

 

  Vendredi 26/08

 

 

 

 

En voyage il faut aussi se cultiver un peu alors nous avons fait un petit tour du côté du Museum National - photos- où nous avons passé l'après-midi au milieu des sabres, des estampes et des kimonos. Le soir, nous nous sommes rendus au port, pour accompagner Gentiane et Antoine à leur bateau. Nous dînons dans une gargote sympathique, où des "salary men"  fêtent avec entrain et saké la fin de la semaine. avec du riz au thé (chazuke) qui a fini sur la jupe de Gentiane et du pain, proche cousin du Nan.

 

 

 

  Samedi 27/08

 


Nous posons nos valises chez nous -photos. Home sweet home. Surprise l'appartement est plus rangé et plus propre que prévu. A notre demande le lit a été remplacé par des futons qui se roulent.

 

L'après-midi, Asakusa nous offre un défilé de Samba digne du Sambodrome de Rio -photos. Sous les yeux médusés des vieux Japonais qui ne perdent pas un fil, 24 écoles de danse brésilienne défilent dans les rues du quartier. Quand les Japonais dansent le Brésil, ils ont un enthousiasme communicatif. Otimo Japan !

 

  Dimanche 28/08

 

 

 

Brocante du côté de Harujuku, nous y achetons des yukatas et des kimonos à deux sous la livre. Entres 2 puces, nous rencontrons par hasard Christian le diplomate qui nous gratifie d'une balade aux alentours du parc Meiji. En chemin, nous croisons par dizaine des jeunes filles habillées comme Dorothy dans le magicien d'Oz ainsi que leurs rivales vêtues de costumes gothiques -photos.

 

Dans le parc, les Japonais qui aiment décidemment se livrer à toute sorte d'activité, nous offrent un défilé de danse mi-sportive mi-traditionnelle alors que dans un coin faisant face aux combattants de Kendo, des amateurs de yukulele grattent les cordes de leur mini-guitare.

 

Retour dans notre quartier où un Matsuri à l'humeur familial bat son plein. Des stands de nourriture ponctuent l'allée qui mène au temple, où certains prient alors que d'autres font des jeux de foire -photos. Pendant que le Mikoshi (temple portatif) se balade au-dessus des têtes, nous mangeons des Udons (pâtes de riz) excellents.

Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Japon
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Jeudi 6 octobre 2005

 

Semaine du 15 au 21 août

 

  Lundi 15/08 :

 

 

 

Nous visitons le matin des appartements avec l'agence TokyoRent. Première halte à Minowa pour jeter un coup d'oeil à des petits studios gentiment rénovés, puis on saute dans un tramway, unique survivant en son genre du Tokyo d'après guerre. Les rails oubliés dans la verdure se glissent entre une allée d'immeubles, traversant timidement quand ils le doivent, une route de véritables voitures. Sur le trajet, serrés entre un retraité et une jeune mère flanquée de 3 mouflets, nous apprenons de notre agent immobilier que les Chinois feraient mieux d'imiter les Japonais en oubliant les misères subies dans le passé. Conseil avisé d'un envahisseur, qui connut lui-même les affres de l'invasion, à son ancienne victime. Nous descendons à Horifune, suivons notre guide dans les rues d’un quartier populaire et vivant et grimpons finalement dans un petit immeuble cubique comme le sont souvent les maisons japonaises. Les habitations ont à Tokyo des dimensions plutôt raisonnables pour une grande ville, on voit le ciel plus souvent qu’à Paris et de l’air est apporté par les espaces qui sont conservés entres chaque maison en raison des tremblements de terre fréquents. La ville est ainsi sillonnée par de milliers passages minuscules comblés par des fleurs et des arbustes plantés par des Tokyoïtes à la main verte. L’appartement n’est pas très grand mais refait à neuf, nous avons pu remarquer jusqu’à maintenant que les Japonais n’aiment pas vivre dans le vieux, l’âge des constructions dépassent rarement une ou deux décennies, peut-être tout simplement parce que l’entretien des bâtiments n’est pas leur fort. Appartement et quartier sont sympas, mais le loyer beaucoup moins. Nous ne vivrons pas à Horifune.

 


Le soir, dans le quartier de Kasuga, nous avons entendu des cris d'épouvante déchirer la nuit. Ils se répétaient à intervalles réguliers, glaçant le sang du plus endurci d'entre nous. Un objet plus noir que la nuit, glissant sur un chemin de fer en rien commun à celui sur lequel nous avions roulé le matin même, passa au-dessus de nos têtes en effectuant une boucle complète. Il y avait des gens à l'intérieur du projectile, qui devaient trouver qu'avoir la tête en bas et les pieds en haut était une chose désagréable, car ils ne cessaient de crier pour qu'on vienne les décrocher. L'objet finit sa course en disparaissant entre deux magasins. Leçon n°5 : les Japonais aiment faire des montagnes russes dans les centres commerciaux. Nous, on était juste venus acheter des T-Shirts chez Uniqlo, y a pas mieux et pas moins cher.

 

 

  Mardi 16/08 :

 

 
 

Maëlle a la tête qui tourne, le vertige me gagne à mon tour et les boules à thé non plus ne se sentent pas bien, elles s’agitent sur leur présentoir. L’appartement de Gentiane et Antoine est un bateau sur une mer houleuse, les fenêtres vibrent et la vaisselle dans le placard fait entendre sa porcelaine . La terre tremble et Tokyo aussi. L’idée met du temps à faire son chemin. La secousse n’en finit plus, qu’est ce qu’on est censé faire, se glisser sous une table ou courir dans la rue en criant à l’aide? Le téléphone sonne, Gentiane nous rassure, ce tremblement de terre n’est pas méchant. La terre se calme, les dernières ondes se propagent doucement comme un frisson qui s’enfuit. Nous sommes dans le même état que si nous avions croisé le chemin d’un animal dangereux mais fabuleux.

 


Comme la vie ne s’arrête pas là, l’après-midi nous continuons nos recherches d'appartement, avec un nouveau petit tour chez Bamboo House. Très belle chambre dans le style japonais mais les parties communes sont vraiment trop crades.

 


On fait des courses sous les rails de Ueno pour préparer à nos hôtes des Phad Thaï. Pas facile de trouver les aliments nécessaires avec des étiquettes japonaises.

 

 

  Mercredi 17/08

 

 

Petit tour du côté de Ginza, le boulevard Haussmann japonais. Dans les department stores nous nous pâmons devant les kimonos et les obis (ceinture) brodés. Quand on sort dans la rue, c'est pour une gaufre belge au sirop d'érable que nous vendons notre âme.

 

 

Le soir petit dîner sur fond de sushis et sashimis aux oursins et à la seiche avec Christian le diplomate qui aime collectionner, parmi tant d'autres choses, les catalogues japonais. Il nous perd ensuite dans la translation de Roppongi - photos. Mes  chaussures par contre je ne risque pas de les perdre, je les ai achetés trop petites, j'ai les pieds en compote.

 

  Jeudi 18/08

 

Visite du quartier d'Asakusa, ses magasins d'articles de restaurants et son temple Senso Ji, sur le toit duquel se couche un soleil épuisé par sa journée. Autour de ce lieu sacré, les Japonais superstitieux nouent sur des barres de métal leur destinée inscrite sur un papier qu'ils ont sorti d'un tiroir - photos. Nous finissons cette journée dans le parc de Nezu avec du Mos Burger dans la bouche. Cette chaîne de Fast Food japonaise concurrence MacDo en réusissant à faire parfois beaucoup mieux, le dessert au matcha et haricot rouge est une merveille. Dans le parc, la nuit engloutit nos silhouettes et nos sandwiches, une bande de lycéen intervient pour troubler le calme et l'obscurité avec une pluie de Hana-Bi.

 

  Vendredi 19/08

 

 

 

Visite d'un appartement à Ikebukuro, le maître des lieux est polonais et circule dans un petite voiture bleue pourrie. Mais il ne sent pas la vodka. On grimpe les 6 étages d'un magasin consacré uniquement aux mangas et à leurs produits dérivés. Difficile de ne pas craquer pour toutes ces conneries, c'est tellement mignon ! On repart avec du Full Metal Alchimist et du Ghibli sous le bras. Le pendentif Shihiro va habiller notre téléphone, on le laissera dépasser de notre poche comme les Japonais, le tablier Totoro lui décorera les murs de notre futur appartement.

 


A quelques pas de Omotesando on découvre le Parc de Yoyogi avec le merveilleux temple en bois de Meiji Jingu et ses moustiques carnivores
- photos. Achat de nos 2 magnifiques vélos que l'on étrenne en se rendant à coup de pédales au Matsuri (fête de quartier) de Azabu-Juban - photos. On tombe sur une démonstration de Samba. Leçon n°6: les Japonaises aussi savent remuer leurs corps.

 

 

  Samedi 20/08

 


On choisit enfin notre appart. Bamboo House est l'heureux élu. 1 pièce qui fait salon, chambre et cuisine, entièrement équipée, rien ne manque même pas le rice cooker qui a des rondeurs magnifiques, un écran digital et une cuillère plantée derrière la tête comme une antenne. C'est pas super neuf mais c'est chez nous.  Emménagement prévu le samedi 27 août.

 


A midi, pique-nique dans un charmant petit parc et le soir, dégustation de sake avec Gentiane et Antoine.

  Dimanche 21/08

 

 

Petite virée en bande à la mer. Le vent souffle, le sable s'infiltre partout et veut faire parti de mon déjeuner. Dans l'eau, il y a des vagues, nous glissons sur l'eau pour disparaître dans le chahut de l'écume, c'est le bonheur. On batifole tranquille, les David Hasselhoff et Pamela Anderson japonais dans leur maillot de bain rouge nous surveillent. Leçon n°7 au Japon on ne plaisante pas avec les bains de mer. A 16H30, nos sauveteurs lèvent le bras en guise de salut à la mer et déguerpissent manu militari. La plage est à nous. Le soir, nous mettons laborieusement au point un barbecue qui nous grille nos tranches de porc. On finit comme il se doit par un hana-bi (feu d'artifice) - photos

 

Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Japon
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