Lundi 27 février 2006
Privés de vin pendant nos 4 mois en Asie, nous étions heureux en arrivant à Auckland de pouvoir à nouveau accompagner nos repas d'un verre de vin. La qualité de la production viticole néo-zélandaise n'étant plus à prouver, nous pensions ne pas avoir à faire d'effort pour nous régaler de leur nectar. Malheureusement, nos premiers essais en vin rouge puis en vin blanc étaient loin d'être à la hauteur de cette réputation. Il ne nous en a pas fallu plus pour nous décider à demander de l'aide aux spécialistes. Nous nous sommes rendus dans le premier Whitcoulls, rayon vin et après une rapide étude des ouvrages consacrés aux vignobles néo-zélandais, nous avons porté notre choix sur le Guide des Vins de la Nouvelle-Zélande de Michaël Cooper, le Robert Parker local.
Notre nouvelle bible placée dans la boite à gants, nous avons mis le cap sur Hawkes Bay, région réputée pour ses chardonnay, merlot et cabernet sauvignon. Grâce aux commentaires de Cooper, les recommandations de notre guide et de l'office du tourisme, nous avons fait notre sélection et coché sur notre carte routière viticole les emplacements des domaines à visiter. Dans de modernes salles de dégustations, un personnel qualifié vous accueille et prend le temps de discuter avec vous de chacun des vins qu'il verse dans votre verre. Un peu plus loin dans la pièce sont mis à la vente des articles d'épicerie fine et des accessoires. Dès la première gorgée dégustée nous savons que nous avons enfin trouvé des vins de qualité, nous essayons de garder en mémoire tout ce que nous ressentons pour pouvoir comparer les différents vins. Les visites aux producteurs (Sileni, Te Awa, Clearview, Kim Crawford) se suivent et ne se ressemblent pas, nous repartons bien souvent avec une bouteille pour nous permettre de goûter une seconde fois les vins qui nous ont le plus plu, notre voiture se transforme petit à petit en cave roulante.
Le métier de dégustateur rentre difficilement et c'est même fatigant, mais nous sommes si heureux de l'accueil reçu et de la qualité des vins que nous goûtons, que nous décidons d'étendre notre étude à l'échelle du pays ! Toujours dans l'île du Nord, sur la route qui descend vers le Sud en direction de Wellington, nous nous arrêtons à Martinborough, petite région viticole réputée pour ses vins rouges. Les domaines ferment tôt et l’après-midi est déjà bien entamée quand nous garons notre voiture, c'est donc chez un caviste représentant les producteurs de la région que nous ferons notre dégustation en compagnie de sympathiques anglais.
A peine débarqués du Ferry sur l'île du Sud, notre voiture de location récupérée, nous reprenons notre exercice dans la très belle région de Marlborough autour de la ville de Blenheim. La région est mondialement célèbre pour sa réussite avec le cépage sauvignon blanc. Nous devons avouer que nous avons nous aussi été séduits par la finesse et la fraîcheur de ses vins. Nos papilles ne sont pas les seules à se régaler, nous ouvrons grand les yeux pour profiter du paysage que compose les vignobles dans la plaine, coincée entre des sommets au relief accidenté plantés d'épineux vert sombre et des monts aux douces courbes couverts de paille. Tout est prévu pour recevoir agréablement les visiteurs, restaurant gastronomique, petit bout de jardin ombragé pour recevoir les pique-niqueurs, on vous invite à prendre du bon temps dans un cadre enchanteur. Nous ne nous sommes pas privés pour en profiter. Un de nos meilleurs souvenirs restera notre pause déjeuner au domaine Neudorf, à quelques kilomètres de Nelson, dernière région viticole que nous visiterons, où, à l'ombre d'un arbre séculaire, assis sur des chaises de fer noir, dégustant un excellent pinot noir et mangeant un vieux cheddar, nous faisions défilés nos souvenirs en admirant les vignes.
Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Nouvelle-Zélande
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Samedi 31 décembre 2005
Par Benjamin & Maelle - Publié dans : Nouvelle-Zélande
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Samedi 31 décembre 2005

Marée descendante. Nous sommes dans la voiture coincés par une pluie violente et attendons que le 5ème orage de la journée veuille bien laisser sa place au soleil. Il fait encore bien frais, nous laissons nos chaussures dans la voiture pour être plus à l'aise dans le sable, mais gardons nos inséparables coupe-vents. Nous longeons la mer munis d'une splendide pelle jaune transparente. Un peu plus loin la plage se rétrécit, des rochers bouchent le passage, c'est là que nous avons rendez-vous. Il y a quelques jours nous avons fait connaissance avec Vinny, un jeune Italien, venu se changer les idées en Nouvelle-Zélande pour une durée indéterminée. Nous avons convenu de nous retrouver là pour creuser ensemble une baignoire. Pas de blondinet en vue, il n'est pas encore arrivé. Autour de nous des personnes munies de pelles en fer, creusent des trous plus au moins large et profond. Certains sont déjà en maillot de bain, ils ont la chair de poule. Benjamin tâte le sol avec ses pieds, il avance petit à petit, puis recule, ça y est il a trouvé un endroit où le sable semble dégager de la chaleur. Il creuse. L'eau qui se répand au fond de la cavité est froide. Tels des chercheurs d'or déçus, nous abandonnons notre trou et cherchons un autre endroit plus propice. Nouveau coup d'oeil sur la foule, toujours pas de Vinny en vue. La plage ressemble à un champ de bataille après un bombardement, il faut faire attention où on met les pieds, on risque à tout moment de chuter dans un trou ou de prendre un coup de pelle sur la tête. Les foreurs se questionnent entre eux : "avez-vous trouvé de l'eau chaude ? non ? Ha, moi non plus ...". Seul un petit groupe semble avoir eu de la chance dans son forage. Des bulles explosent à la surface, les baigneurs poussent de petits cris, l'eau est brûlante. Les quelques personnes qui ont eu le courage de s'y mettre tout entier, changent sans cesse de place, d'abord, ils s'installent au plus près du bouillonnement en s'immergeant au maximum dans les 25 cm d’eau de profondeur, puis lorsque la température devient trop élevée, ils s'éloignent vers l'extérieur pour se rafraîchir. Nous nous invitons dans la baignoire pour y plonger nos pieds. De temps en temps la mer vient lécher les bords de leur piscine et détruire ses parois apportant de l'eau fraîche aux baigneurs. Un branle-bas de combat s'en suit, il faut reconstruire les murs. En contre bas, de nouvelles personnes commencent à creuser une nouvelle cuve, l'eau est chaude ici aussi, mais la mer est encore trop haute et ne cesse de reboucher le trou. Il est temps pour nous de retourner à la voiture, la route ce soir sera longue. Nous apercevons enfin Vinny. Encore tout endormi de sa sieste, il nous explique qu'il n'a pas vu passer l'heure. Nous ne pouvons malheureusement pas rester plus longtemps avec lui et le laissons seul découvrir les fameuses sources d'eau chaude de la presqu'île de Corromandel.
Par Maelle - Publié dans : Nouvelle-Zélande
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Samedi 31 décembre 2005

L'erreur est humaine me chante Zebda au creux de l'oreille. Avec leur accent du pays des cigales, ils racontent leurs difficultés à avoir une tête de là-bas quand on vit ici. Les voitures brûlent en France, le vent médiatique nous apporte jusqu'ici les cendres de la honte d'un pays qui ne sait pas recevoir ses invités. Les pompiers et les policiers sont à pied d'oeuvre pour nettoyer les conneries de sales mômes à Toulouse, à Lyon ou ailleurs. Moi, je suis loin, très loin sur la plage d'Ahipara, village au nord de la Nouvelle Zélande. Il fait jour ici et nuit là-bas.
Je cours pour me défouler le long des vagues qui brisent leur vert turquoise dans un éclat d'écume blanchâtre. Deux gamins, couleur Maori, jouent dans l'eau. Un bâton dans une main, un wake board en guise de bouclier dans l'autre, ils détachent de la mer leurs silhouettes sombres de petits chasseurs. Un 4x4 me double et disparaît sur la 90 miles beach ne laissant comme souvenir que deux traces parallèles. J'accélère le rythme, les chapeaux chinois plantés comme des montagnes miniatures défilent sous mes pieds, je me sens léger et capable d'avaler cette plage infinie. Le sable mouillé a pris une teinte de marbre, il reflète le ciel comme un miroir. Eberlué, je regarde mes pieds courir dans les nuages. Terre, mer, ciel m'absorbent dans leurs dimensions, un cri jaillit comme un bouchon de ma gorge, le yahoou sonne complètement ridicule et disproportionné, je m'en fous, je me sens bien. Je passe devant un banc de mouettes qui me reluquent du coin de l'oeil. Elles n'ont pas l'air très rieuse, alors je prends le parti de les encourager à me suivre dans ma révolution intérieure. Elles en ont que faire et préfèrent me fuir, d'abord à petits pas rapides puis en déployant leurs grandes ailes grises pour s'envoler là où je ne peux aller. Tant pis pour elles, qu'elles aillent au diable ! Ce n'est pas ça qui va m'arrêter, je me sens libre comme le cheval blanc à la longue crinière qui court le long de la mer sur les boites de puzzle de plus de 500 pièces.
Après la 14e chanson, j'ai les poumons cramés. J'enlève short et t-shirt que je pose sur un rocher où des bouquets de moules ont fait leur apparition, et je me dirige vers l'écume à la manière d'une prêtresse de candomblé. Au dessus le ciel s'est couvert de nuages noirs, les premières gouttes n'ont pas le temps de me mouiller que je suis déjà dans l'eau.

Par Benjamin - Publié dans : Nouvelle-Zélande
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