Mardi 12 juillet 2005

Quand il s'agit de manger avec les Turques, ce qui est très souvent le cas, tout commence généralement avec l'ekmek (le pain). Pour le petit déjeuner il figure sur la table parmi les olives, les tomates, les concombres et un oeuf dur. A midi ou le soir, il est servi en grande quantité dans les restaurants et évidemment il sert d'écrin au mouton pour composer un des seuls mets turc connu par nous autre les Français à savoir le kebab. Döner Kebab pour être exact, que l'on reconnaît de loin, immense tas de viande tournoyant au coin du feu sur sa brochette verticale. De qualité inégale, cet encas bon marché peut vite lasser en raison de la forte odeur de la viande de mouton. Je préfère le préciser car je connais une ou deux personnes particulièrement sensibles depuis une expérience malheureuse avec une chèvre grillée, avalée au bord d'une route du Mali.  Heureusement pour ces personnes délicates, le Kebab peut-être préparé avec du poulet. Pour vraiment apprécier l'animal préféré du Petit Prince mieux vaut opter pour le çiç kebab, délicieuses brochettes de viande ou de manière plus originale avec le beytani kebab : la viande est cuite au four dans du pain, avec de la sauce tomate, accompagné de salade et de yaourt. Le yaourt, plus épais que chez nous et meilleur aussi, est utilisé très fréquemment dans la cuisine turque comme accompagnement, il apporte a des plats parfois trop sec une touche de fraîcheur idéale. On le retrouve dans le Cacik équivalent du Tsatsiki, dans les Mantes, excellents raviolis locaux et dans de nombreuses salades. Parmi les autres petits plaisirs à emporter, figure parmi nos favoris les gözleme, sorte de crêpe fourrée, les meilleures sont sans doute celles aux fromages et aux épinards frais. Toujours à base de pâte, vous avez le choix de vous étouffer (sauf s'ils sont faits maison) avec les boreks, petits friands de pâte feuilletées garnis de viande ou de fromage ou de croquer dans le très populaire Simit, cet espèce de bretzel couvert de graines de sésame est une véritable institution dans les rues turques. La meilleure façon de l'acheter, c'est encore de rester chez soi et de simplement faire glisser par la fenêtre accroché à une corde un petit panier contenant de l'argent, le vendeur de Simit ambulant en échange de ces quelques sous viendra y déposer vos Simits tout frais.

Au rayon fast food turc, il vous est proposé les Pides, pizza turque à la pâte très fine ou les Lahmacuns, sortes de fougasse avec tomates, fromage ou viande. Dans les restaurants de plus haute volée, il  faut profiter de la diversité des mezes, qui se rapprochent par leur style et la taille des portions des tapas. Servis froids ou chauds, il vous sera possible de déguster de petits poissons grillés, de la purée d'aubergine, du tarama, des feuilles de vignes et mille autres choses encore. Pour du plus consistant, la cuisine turque va chercher dans les légumes farcis de riz et de pignons. Parmi les victimes de cette farce poivrons et aubergines jouent souvent le premier rôle, ces dernières sont également souvent  éventrées pour être remplies de viande de boeuf ou de mouton. Les viandes grillées très appréciées sont accompagnées de boulgour ou de riz pilaf, riz que l'on a fait revenir à l'huile puis cuit avec 1 volume d'eau. La Turquie bien que placée sur la route entre l'Inde et le Maghreb utilise très peu d'épices en dehors du poivre. Pour faire descendre cette nourriture méditerranéenne, rien de tel qu'un verre de Ayran, yaourt salé ou encore la rafraîchissante bière locale, Ephes. Si vous avez les moyens, optez pour un des nombreux vins turcs qui nous auront réservé de bien meilleures surprises que leurs homologues croates. Finir sur une note sucré c'est toujours bien agréable alors s'il vous reste un peu de place, craquez pour leur pudding (plus une gelée en fait) de fruits secs, étonnamment rafraîchissant,  poussez ensuite le vice en finissant avec une petite part d'halva, nougat à base de pâte d'arachide (prévoir la bouteille d'eau à portée de main) ou avec des loukoums à la rose, bons uniquement s'ils sont bien frais. Après le repas c'est l'heure se sortir le jeu de QSQ et de faire à vos boyaux le plaisir d'un thé turc (ils en boivent du matin au soir). Servi dans un petit verre en forme de tulipe, il est corsé comme du café. Les petites natures se contenteront d'un thé à la pomme et les amateurs de café pourront toujours s'essayer au café turc (préparé sans filtre, le jeu étant de ne pas manger le marc) souvent décevant surtout si vous avez déjà eu la chance de goûter celui de Bruno et Lilian.

Par Benjamin - Publié dans : Turquie
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