Turquie

Mercredi 22 juin 2005
On ne peut pas dire que nous ayons vraiment suivi de près le 60e anniversaire du débarquement, ni que nous nous soyons jamais impliqués dans les fêtes commémoratives du genre. Rien n'aurait donc pu laisser prévoir que nous profiterions de notre séjour en Turquie pour rendre hommage aux combattants de la Bataille des Dardanelles. Seul le nom de cette guerre m'était familier, les détails avaient dû rester au fond de mes bouquins de classe; faut dire qu'avec les livres d'histoires j'avais un peu tendance à faire comme ma mère avec les notices, je me contentais bien souvent des premières lignes d'explication.Notre bus macédonien nous avait déposé de très bonne heure à la gare de bus d'Istanbul. Les terminaux d'autocar sont en Turquie l'équivalent de nos aéroports aussi gros, aussi compliqués pour circuler et aussi loin de la ville. J'identifie assez bien les raisons qui poussent à construire un aéroport à 40 km d'une ville, mais je ne vois pas ce qui a empêché nos amis Turcs de rapprocher leurs gares routières des centres-ville (il nous faudra 15 jours pour comprendre que le talent d'organisation de ce peuple est inversement proportionnel à leur serviabilité).Quoiqu'il en soit nous nous sommes rendus à Sultanhamet, quartier général des touristes, situé à quelques centaines de mètres des principaux centres d'intérêts culturels, il regorge de pensions et d'hôtels. Nous avons établi notre quartier général dans le dortoir du Sultan Hotel avec comme premier objectif de tester le matériel de couchage. Terrassés par la fatigue, nos corps et nos âmes ont sombré immédiatement dans un profond sommeil. Après avoir refait surface, il nous restait à mettre au point les détails de notre campagne turque. Il fut décidé d'aller voir Boris à Izmir et de mettre ensuite le cap sur Capadoce avec comme camps de base intermédiaires Pamukkale et Egirdir. Notre hôtel proposait des bus pour Izmir avec un petit détour du côté des plaines de Gallipoli et de Troie, ca tombait bien ce trajet était chaleureusement conseillé par notre guide australien, Lonely Planet et nous n'avions vu aucun de ces 2 films. Le temps de réserver des billets pour les 2 séances et nous voici embarqués dans un mini-bus qui débordait d'habitants du pays des kangourous.Les plaines de Gallipoli sont de magnifiques étendues de pins et d'herbes hautes qui tombent directement dans la mer. Ici il y a 90 ans pour le contrôle du détroit de Bosphore qui ouvre l'accès à la Mer Noire, ce sont entretués Turcs et Alliés. Comme sur le front lorrain, les armées se sont terrées dans des tranchées séparées de quelques mètres, et avec ardeur s'étripaient du matin au soir. Cette bataille est pour beaucoup d'Australiens et de Néozélandais l'un des principaux fait d'arme de leur histoire, célébré le 25 avril par l'Anzac Day. Selon notre jeune guide turque, l'ANZAC (Australian and New Zeland Army Corp) ont par leur courage et leur détermination gagné le respect de leurs alliés et de leur ennemis. Une grande solidarité encouragée par la faible distance qui les séparait unissait les 2 armées. De nombreuses histoires circulent pour illustrer cette surprenante fraternité teintée de respect mutuel. La plus célèbre raconte comme les Alliés disposant de tabac mais à cours de papier à rouler l'échangeaient par dessus les tranchées contre le papier à rouler des Turcs qui se trouvaient eux sans rien à fumer. .

C'est cette image romantique de héros auréolés que les touristes Australiens et Néozélandais viennent chercher en visitant ces champs de bataille. A leur grande surprise pourtant cette guerre racontée par notre guide turque ne met pas seulement en scène que de valeureux guerriers de l'Anzac. Les Turcs eux aussi ont droit à leurs grandes figures et aux belles histoires. C'est à l'occasion de cette bataille qui vit les Ottomans triompher des Alliés que les Turcs ont entendu parler pour la première fois de Mustafa Kemal que l'on surnommera plus tard Ataturk (le père des Turcs), il fut parait-il miraculeusement sauvé d'une balle perdue par sa montre gousset glissée dans la poche de sa veste. Véritable légende, Mustafa Kemal gagnera définitivement ses gallons de héros national en boutant en 1922 les Grecs hors de Turquie. Fondateur de la République turque, il a mis la Turquie sur les voix de la modernité en révolutionnant les principes de la société turque. En 15 ans de réforme, il a rendu obligatoire le mariage civil, mis fin au statut de l'Islam comme religion d'état, interdit la polygamie et le port du Fez trop ottoman à son goût, remplacé l'alphabet arabe par l'alphabet latin et donné le droit de vote aux femmes 10 ans avant la France. Vous trouverez dans chaque magasin, dans chaque bureau et sur chaque billet un portrait d'Ataturk. Etonnant de constater qu'à l'heure où la Turquie est gouverné par un parti Islamiste (modéré !), le culte voué à cet anti-religieux convaincu n'ait pas perdu en intensité.Nous avons passée une après-midi entière à visiter les différents cimetières et monuments aux morts ornés de belles phrases. Il fallait bien toutes ces dalles de marbre et cette poésie guerrière pour rendre hommage aux 100 000 morts tombés sur les plaines de Gallipoli.

Après Sarajevo et son tunnel cette visite inattendue qui nous aurait finalement permis d'en apprendre autant sur les Australiens que sur les Turcs nous raconte une nouvelle histoire de guerre, demain nous resterons dans la même ligne puisqu'après les bosniaques creuseurs de tunnel, l'Anzac et Ataturk, nous saurons tous sur l'Iliade et l'Odyssée en visitant le prétendu site de Troie. Géopolitique, histoire et littérature classique, qui a dit que ce voyage était des vacances ?

Par Benjamin
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Vendredi 24 juin 2005

Il fait chaud dans la Vallée Rouge, nous nous disputons l'ombre avec les abeilles qu'il faut veiller à ne pas déranger dans leur sieste, les papillons et mille autres insectes qui vrombissent en passant près de nos oreilles. Cette nourriture en quantité infinie fait la joie de oiseaux qui chantent sur notre passage leur bonheur d'avoir fait un bon repas. Nous marchons dans les paysages uniques au monde de la Cappadoce, le soleil est écrasant mais chaque goutte de sueur vaut la peine d'être suée : le décor est à couper le souffle. L'eau et l'érosion ont creusés les plaines volcaniques sculptant suivant leur humeur des cheminées de tuf aux formes de chapeaux de fée, champignons, meringues ou phallus géants. La région semble avoir été le terrain de jeu d'un amateur de Gaudi armé d'une poche à pâtisserie aux dimensions célestes. Se promener dans ce paysage lunaire est un émerveillement de chaque instant, même l'âme la moins géologue du monde se laisserait emporter par la féerie des lieux. Et comme si cela ne suffisait pas, des fenêtres et des portes percent régulièrement les colonnes de tuf qui abritent des cités troglodytes creusées il y a plus de 2000 ans, faisant de ces vallées de véritables villes où logeaient jusqu'à dix milles personnes.

A chaque expédition nous nous sommes perdus, celle-ci ne semble pas faire exception. Nous sommes partis ce matin avec Sylvie, une Française rencontrée à notre pension qui connait un peu la région, malgré cette aide extérieure impossible de retrouver notre chemin parmi ces dédales de pierre. Pour piéger les imprudents comme nous les chemins jouent des tours et s'amusent à commencer bien large pour se réduire à peau de chagrin une fois qu'ils vous ont mené bien loin. Dans ces cas là, comme aujourd'hui, il nous reste comme seul échappatoire de faire demi-tour ou de grimper à la paroi au risque de nous rompre le coup. La route nous avait pourtant aujourd'hui plutôt bien traité, guidant nos pas jusqu'à de magnifiques habitations creusées dans la roche. Basse de plafond ces maisons comprennent souvent plusieurs pièces où il est encore possible de distinguer des bancs et des réserves d'eau. A l'extérieur à des hauteurs qui semblent inaccessibles à l'homme, de petits niches en rangées bien alignées comme des étagères ont été taillées dans la paroi pour servir de nids douillets aux pigeons. Contrairement à nous, les habitants de Cappadoce trouvaient une utilité à ces infâmes volatiles qui même ici ont gardé leur horrible robe grise. Ils n'étaient jamais aussi comblés que quand les oiseaux s'adonnaient à de massives défécations car cela signifiait pour eux disposer d'une grande quantité d'engrais. Il est donc vrai que chaque créature à sa place en ce monde puisque les pigeons ont visiblement leur utilité. Il ne reste plus qu'à régler la situation des mouches.

 

 

Nos découvertes ne se sont pas arrêtées à ces dimensions pragmatiques, elles se sont révélées par la suite beaucoup plus spirituelles. En poursuivant notre visite, qui ressemblait de plus en plus à de la spéléologie en altitude, nous sommes tombés sur une salle aux dimensions différentes, des colonnes finement sculptées en marquaient l'entrée et des étranges signes avaient été gravés sur les parois. Sur le mur du fond des peintures aux couleurs délavées représentaient les différentes périodes de la vie de Jésus. J'ai cru un moment que nous allions découvrir l'Arche d'Alliance, puis je me suis rappelé que plus tôt sur le chemin des panneaux invitaient les promeneurs, moyennant quelques millions de lires, à visiter des églises troglodytes. Les sites chrétiens, édifiés pour la plupart entre le VIIe et XIe siècle, sont nombreux dans la région et il n'est pas rare comme ce fut notre cas de tomber au hasard d'une ballade sur les restes d'une église. Les mieux restaurées visibles au musée en plein air de Goreme ont les murs entièrement recouverts d'images pieuses dont la qualité de finition et des couleurs surprend si l'on considère qu'elles ont mille ans d'âge. La présence de ces églises rappelle ce que l'étiquette "pays musulman" collée à la Turquie nous a fait perdre de vue, le Christianisme existait en Anatolie avant l'arrivée de l'Islam et même ensuite Chrétiens et Musulmans y ont cohabité avec une relative tolérance. Ces témoignages d'une autre époque aident à tempérer un tant soit peu notre vision moderne d'un monde bipolaire à jamais figé.

Pour l'heure nous sommes loin de ces considérations géopolitico-religieuses, mais cherchons plutôt une solution pour sortir de l'impasse où nous nous sommes fourrés. Personne n'aime faire demi-tour, car c'est admettre qu'on s'est trompé et que c'est ne jamais agréable de faire 2 fois la même route. Avec Sylvie nous avons décidé de montrer à ces chemins vicieux que c'était pas une petite paroi à grimper qui allait nous arrêter. Au bout de quelques minutes, nous étions déjà dans une position délicate. Je me souviens d'un cours de Stratégie où le prof comparait l'attitude à pendre dans les affaires et à la montagne, dans un cas comme dans l'autre nous expliquait-il, il faut savoir reconnaître ses erreurs et accepter de faire demi-tour avant qu'il ne soit trop tard au risque de courir à la catastrophe. Eh bien, sans l'intervention providentielle d'un retraité du Club Med et de sa corde salvatrice, on peut dire que nous prenions tout droit la direction pour figurer parmi les meilleures illustrations pratique de ce principe de sagesse. Un Turc parlant très bien le Français (il avait travaillé une dizaine d'année au restaurant du Club Med local) nous ayant aperçu dans notre posture inconfortable, s'en était aller quérir une corde pour nous sortir de notre mauvais pas. Malgré nos efforts nous ne sommes pas parvenus à  trouver l'entrée de la Vallée des Pigeonniers, qui était le but de notre ballade, une deuxième tentative dans l'après-midi conduira au même résultat. Pour une fois que je voulais me rapprocher de ces bestioles...saletés de pigeons !

Par Benjamin
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Mercredi 29 juin 2005

Des bus nous en avons déjà pris beaucoup et je peux dire sans me tromper que nous allons en prendre de nombreux autres. Voici ce qui nous a le plus marqué :

 

Espagne :

A Séville,vous pouvez prendre le bus depuis le coin isolé et délaissé de l'expo universelle et rejoindre la foule colorée de la Feria, dont l'entrée est marquée par 2 immenses éventails. Pour passer le temps pendant ce long trajet, regardez sur une petite télé la météo (utile quand vous dormez au camping) et les infos. Si vos notions d'espagnol ne vous permettent pas de comprendre ce qui se passe dans le monde, vous pourrez toujours observer et écouter 2 jeunes femmes tirées à 4 épingles, dans leur robe flamenco se crier dessus pour une histoire de poussette mal placée. Si à Séville, les chauffeurs bien que peu anglophone, nous aidèrent à trouver nos arrêts de bus, nous avons été bien déçus lorsque en arrivant à Grenade un 1er conducteur impatient m'a presque insultée parce que je n'arrivais pas à poinçonner ma carte de transport ! Le 2nd lui, faisait mine de ne pas comprendre le mot camping, alors que son bus passait devant plusieurs fois par jour.

 

Maroc :

La CTM, compagnie de transport marocain, a eu une bonne idée pour tranquiliser ses voyageurs, vérifier que les bagages mis dans les soutes son remis aux bonnes personnes. Dans leur gare routière ultra-moderne de marbre blanc, vous faites peser vos bagages. C'est toujours un moment de compétition pour nous, la balance désigne celui qui le sac le plus lourd et donc qui souffre le plus. Benjamin gagne à chaque fois grâce à la tente. Une fois la pesée terminée, il faut s'acquitter d'une assurance. Muni de votre reçu, vous pouvez vous installer dans le bus, pendant que vos valises transitent d'un charriot vers la soute. Lorsque le bus s'arrête pour faire descendre des passagers, pas besoin de se lever pour inspecter que personne ne part avec votre sac. Quel confort ! Plus tard quand, à votre tour vous quittez le car vous découvrez que les bagages sont en réalité déposés par terre, et que l'aide chauffeur tellement pressé de distribuer le contenu de son coffre ne se soucie pas de vérifier qui prend quoi. L'essentiel, n'est-il pas d'avoir voyagé l'esprit tranquille ?

 

Balkans :

Dans cette région il est aussi difficile de connaître les horaires de bus que de comprendre leurs itinéraires. Nous avons juste constaté que c'était long. De Dubrovnik à Istanbul, on compte 30 heures de bus. Certains diront que ce n'est pas grand chose quand on voyage 11 mois. Ce qui est vrai en soit, mais n'est pas reposant pour autant, surtout avec 2 nuits consécutives. Je vous laisse imaginer la tête que nous avions à l'arrivée à Istanbul. L'avantage sur un long voyage, c'est que quand on ne dort pas une nuit, on ne stresse pas en se disant que la journée du lendemain sera gâchée, on sait que si on est fatigué, on pourra toujours prendre le temps de dormir pendant que les touristes se rueront sur les monuments à visiter. Ces bus balkans étaient plutôt en bon état, quand nous avons vu que les gens se mettaient à fumer devant nous, nous avons fui jusqu'aux derniers rangs en allumant la climatisation à fond. Nous avons eu le luxe de pouvoir nous allonger chacun sur 2 sièges, mais les douanes telle une horloge détraquée nous réveillait régulièrement pour demander nos passeports, elles regardaient toutes avec curiosité les visas japonais et néo-zélandais et y déposaient à leur tour un petit tampon. Nous changions presque 2 fois par jour de monnaie et avons convertis nos Kunas croates en marks bosniaques, puis ceux-ci en dinars macédoniens, qui eux-mêmes furent transformés en liras turques. En faisant un petit effort, nous aurions pu ajouter les monnaies serbes et bulgares. Ce voyage est utile, (pour ceux qui en doutaient encore), en plus d'améliorer ma géographie, je commence à faire des progrès en calcul mental.

 

Turquie :

Si au cours d'un voyage en Turquie, vous vous sentez fatigué, en manque de soins et d'attention, j'ai une bonne solution : prenez le bus ! Saugrenu ? Pas tant que ça. Les compagnies de bus en Turquie aiment vous cajoler. Elles mettent à votre disposition le Service, qui consiste à vous transférer en vous gardant bien au frais dans leur mini-vans climatisés , du centre-ville vers les otogars principales, situées à des années lumières comme chacun sait. Là, votre autocar vous attend. Il vous sera remis un ticket de consigne lorsque vous laisserez vos bagages dans la soute. Quelques minutes après notre départ, l'aide chauffeur passe avec une bouteille en plastique d'eau de cologne et vous en empreigne les mains, un doux parfum citronné emplit le bus. Votre petit steward sort ensuite un plateau monté sur roulettes il propose des jus de fruits, café, thé. Une fois que vous êtes rafraichi, il amène des biscuits apéritifs sur un plateau argenté. Cet homme là est souriant et aux petits soins pour nous. Même quand il vous sert de l'eau il a plus de classe et de savoir faire que certains serveurs de restaurant chic.

Il ne vous reste plus qu'à lire et profiter du paysage, vous arrivez ainsi forcément plus reposé à destination.

 

A suivre...  

Par Maelle
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Samedi 2 juillet 2005

4h30, le réveil sonne, nous respectons la consigne de s'habiller chaudement, nous mettons même une polaire. En altitude il peut faire très froid. Un van passe nous prendre et nous amène à l'agence de Kapadokia balloon. Nous nous enregistrons, pendant que certains tentent de se réveiller à l'aide d'un café et demandons à assister à l'inflation. Celle-ci se déroule dans un champ sur la route de l'open air museum. Nous nous y rendons à pied, pendant que les autres touristes finissent leur boisson. Deux rochers, placés de chaque côté de la route, semblent prendre en étau une énorme masse rouge bouchant notre horizon. A notre arrivée, le ballon est couché sur le sol, il s'arrondit petit à petit grâce au souffle d'un ventilateur et ce n'est qu'après avoir chauffé l'air en son coeur qu'il parvient à s'élever au dessus de sa nacelle.

Le minibus arrive alors avec les autres passagers, nous escaladons le panier d'osier et nous répartissons dans 4 casiers, notre chauffeur, Jay se trouve au centre dans un 5ème compartiment. Il tire sur des poignées placées au dessus de sa tête, des flammes jaillissent, annoncées par un bruit sourd. Une chaleur intense nous envahit (un peu comme quand vous ouvrez la porte d'un four, pour vérifier la cuisson d'un gratin). Tout à coup nous sentons que nous raclons le sol et tel un crabe nous déplaçons sur le côté. Encore un petit effort. Et hop, nous sommes en apesanteur à 10 cm du sol. Waouh nous volons... Et j'ai même pas peur ! Petit à petit nous prenons de l'altitude, le ballon est extrêmement stable. Nous sommes surpris de ne resentir ni la hauteur qui nous sépare du sol, ni la vitesse lors de nos déplacements. Au gré du vent, un peu faible ce jour là, nous nous déplaçons doucement. Nous pensions pouvoir survoler la vallée blanche, mais nous retrouvons bloqué pendant quelques temps non loin de notre piste de décollage. Le ballon monte à plus de 700 m d'altitude, puis redescend rapidement pour essayer de trouver le courant qui nous sortira de notre état stationnaire. Finallement, notre panier flotte vers la vallée des amours... Nous passons au ralenti entre les pics en direction d'une petite colline, elle se rapproche dangeureusement. Jay actionne les manettes pour nous faire remonter, mais il ne se passe pas grand chose. Un choc nous ferait tous basculer et nous glisserions le long des pics abruptes jusqu'à nous rompre le coup. Mais Jay a bien calculé son coup, et nous léchons la montagne tout doucement, Benjamin se penche un peu et parvient même à ramasser des herbes. Nous découvrons alors une magnifique vue dégagée sur la vallée dentée de Göreme. Reprenant un peu de hauteur nous "visitons" maintenant la ville, j'ai l'impression de voir les petites boites micro-machines s'étaler devant moi.

La montgolfière perd à nouveau de l'altitude, je regarde ma montre, l'heure qui nous était impartie est bien dépassée, il est donc déjà temps d'atterrir. Alors que nous frolons une maison, je ne vois toujours pas d'aire d'atterrissage, et le sol se rapproche à nouveau dangeureusement. En me retournant j'aperçois la pancarte de Kapadokia balloon, pas eu le temps de plus réfléchir, on me demande de fléchir les genoux en position d'atterrissage, nous heurtons le sol, et des hommes s'accrochent au panier afin de le maintenir au sol. Jay a avec culot et précision attérri sur le parking de l'agence. Juste le temps de prendre une photo, le 2eme groupe de touristes arrive. Tour à tour, chaque compartiment du ballon se vide puis se remplit de nouveaux arrivants. Des rafraichissements et du cake nous attendent, on nous remet notre certificat de vol. C'est déjà fini et nous repartons vers notre hôtel pour un vrai petit déjeuner. Nos yeux, bien que cernés sont très satisfaits du spectacle qui leur a été offert pendant cette heure de montgolfière.

Par Maelle
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