Des bus nous en avons déjà pris beaucoup et je peux dire sans me tromper que nous allons en prendre de nombreux autres. Voici ce qui nous a le plus marqué :
Espagne :
A Séville,vous pouvez prendre le bus depuis le coin isolé et délaissé de l'expo universelle et rejoindre la foule colorée de la Feria, dont l'entrée est marquée par 2 immenses éventails. Pour passer le temps pendant ce long trajet, regardez sur une petite télé la météo (utile quand vous dormez au camping) et les infos. Si vos notions d'espagnol ne vous permettent pas de comprendre ce qui se passe dans le monde, vous pourrez toujours observer et écouter 2 jeunes femmes tirées à 4 épingles, dans leur robe flamenco se crier dessus pour une histoire de poussette mal placée. Si à Séville, les chauffeurs bien que peu anglophone, nous aidèrent à trouver nos arrêts de bus, nous avons été bien déçus lorsque en arrivant à Grenade un 1er conducteur impatient m'a presque insultée parce que je n'arrivais pas à poinçonner ma carte de transport ! Le 2nd lui, faisait mine de ne pas comprendre le mot camping, alors que son bus passait devant plusieurs fois par jour.
Maroc :
La CTM, compagnie de transport marocain, a eu une bonne idée pour tranquiliser ses voyageurs, vérifier que les bagages mis dans les soutes son remis aux bonnes personnes. Dans leur gare routière ultra-moderne de marbre blanc, vous faites peser vos bagages. C'est toujours un moment de compétition pour nous, la balance désigne celui qui le sac le plus lourd et donc qui souffre le plus. Benjamin gagne à chaque fois grâce à la tente. Une fois la pesée terminée, il faut s'acquitter d'une assurance. Muni de votre reçu, vous pouvez vous installer dans le bus, pendant que vos valises transitent d'un charriot vers la soute. Lorsque le bus s'arrête pour faire descendre des passagers, pas besoin de se lever pour inspecter que personne ne part avec votre sac. Quel confort ! Plus tard quand, à votre tour vous quittez le car vous découvrez que les bagages sont en réalité déposés par terre, et que l'aide chauffeur tellement pressé de distribuer le contenu de son coffre ne se soucie pas de vérifier qui prend quoi. L'essentiel, n'est-il pas d'avoir voyagé l'esprit tranquille ?
Balkans :
Dans cette région il est aussi difficile de connaître les horaires de bus que de comprendre leurs itinéraires. Nous avons juste constaté que c'était long. De Dubrovnik à Istanbul, on compte 30 heures de bus. Certains diront que ce n'est pas grand chose quand on voyage 11 mois. Ce qui est vrai en soit, mais n'est pas reposant pour autant, surtout avec 2 nuits consécutives. Je vous laisse imaginer la tête que nous avions à l'arrivée à Istanbul. L'avantage sur un long voyage, c'est que quand on ne dort pas une nuit, on ne stresse pas en se disant que la journée du lendemain sera gâchée, on sait que si on est fatigué, on pourra toujours prendre le temps de dormir pendant que les touristes se rueront sur les monuments à visiter. Ces bus balkans étaient plutôt en bon état, quand nous avons vu que les gens se mettaient à fumer devant nous, nous avons fui jusqu'aux derniers rangs en allumant la climatisation à fond. Nous avons eu le luxe de pouvoir nous allonger chacun sur 2 sièges, mais les douanes telle une horloge détraquée nous réveillait régulièrement pour demander nos passeports, elles regardaient toutes avec curiosité les visas japonais et néo-zélandais et y déposaient à leur tour un petit tampon. Nous changions presque 2 fois par jour de monnaie et avons convertis nos Kunas croates en marks bosniaques, puis ceux-ci en dinars macédoniens, qui eux-mêmes furent transformés en liras turques. En faisant un petit effort, nous aurions pu ajouter les monnaies serbes et bulgares. Ce voyage est utile, (pour ceux qui en doutaient encore), en plus d'améliorer ma géographie, je commence à faire des progrès en calcul mental.
Turquie :
Si au cours d'un voyage en Turquie, vous vous sentez fatigué, en manque de soins et d'attention, j'ai une bonne solution : prenez le bus ! Saugrenu ? Pas tant que ça. Les compagnies de bus en Turquie aiment vous cajoler. Elles mettent à votre disposition le Service, qui consiste à vous transférer en vous gardant bien au frais dans leur mini-vans climatisés , du centre-ville vers les otogars principales, situées à des années lumières comme chacun sait. Là, votre autocar vous attend. Il vous sera remis un ticket de consigne lorsque vous laisserez vos bagages dans la soute. Quelques minutes après notre départ, l'aide chauffeur passe avec une bouteille en plastique d'eau de cologne et vous en empreigne les mains, un doux parfum citronné emplit le bus. Votre petit steward sort ensuite un plateau monté sur roulettes il propose des jus de fruits, café, thé. Une fois que vous êtes rafraichi, il amène des biscuits apéritifs sur un plateau argenté. Cet homme là est souriant et aux petits soins pour nous. Même quand il vous sert de l'eau il a plus de classe et de savoir faire que certains serveurs de restaurant chic.
Il ne vous reste plus qu'à lire et profiter du paysage, vous arrivez ainsi forcément plus reposé à destination.
A suivre...