Japon

Mercredi 28 septembre 2005

Semaine du 9 au 14 août

  Mardi 09/08 :

 

Levée 6H50. Départ pour une fois, effectué dans le calme, nous quittons notre chambre boite pour rejoindre l'aéroport de Hong Kong en métro de luxe. L'enregistrement de notre avion s'est effectué à un comptoir ingénieusement situé à la gare de départ du métro. C'est donc sans bagage et sans stress que nous avons effectué le trajet jusqu'à l'aéroport.

 

 

4h30 d'avion plus tard nous posons pour la 1ère fois nos pieds sur le sol japonais. Keisei Line direction Ueno où vient nous chercher Gentiane à coup de vélo. Traversée du parc de Ueno où poussent des lotus et rugissent des lions pour rejoindre leur charmant appartement de style japonais - photo. Première leçon : ici on se déchausse en entrant dans n'importe qu'elle maison, on laisse ses sabots dans le vestibule sur une dalle prévue à cet effet et on grimpe une petite marche qui mène aux pièces de l'appartement. Un monde nouveau s'offre à nous.

 

  Mercredi 10/08 :

 

On ne se lève pas tôt pour notre premier jour au pays du soleil levant. On apprécie le plaisir de vivre dans un vrai appartement. Cuisine, toilettes, calme, ordinateur avec accès internet...dont on se sert immédiatement pour remettre nos textes à jour, pour rechercher de petits boulots, et d'appartement. Deuxième leçon : on compte ici la surface non pas en m2 mais en tatami.

 

Déjeuner avec Gentiane à la célèbre Université de Todai où elle exerce, dans un petit parc autour d'un lac. Troisième leçon : apprendre à ouvrir les emballages des onigiris - sandwich de riz

 

 

Le soir balade du côté de Shinjuku pour rencontrer Masanobu, leur ami japonais qui rêve d'être acteur.

 

  Jeudi 11/08

 

Découverte de Yanaka situé à proximité de l'appartement de Gentiane. Quartier calme, fait de petites maisons dont plusieurs en bois, on y trouve aussi de nombreux temples et cimetières - photos. Visite de Bamboo House qui propose des petits appartements pour les Gaïjins (les étrangers comme nous). Dîner dans notre premier restaurant yakitori (viande grillée) et kamameshi (riz cuit avec viande et/ou légume)

 

  Vendredi 12/08

 

C'est Obon au Japon, tous les Japonais rentrent dans leur famille pour fêter ensemble l'esprit des morts... En attendant nous on bosse nos articles sans rechigner. Le soir sur le chemin du retour du restaurant où nous avons dégusté des Tonkatsus - porc pané - nous nous sommes faits surprendre par une pluie diluvienne. Leçon n°4 : les portes de taxi au Japon s'ouvrent et se ferment toutes seules.

 

  Samedi 13/08

 

La fièvre acheteuse contractée à Hong Kong nous reprend sur les trottoirs d'Omote Sando quartiers chics et raffinés de Tokyo. Les magasins de luxe occupent des immeubles entiers. Heureusement pour notre compte en banque, la pluie ne nous lâche pas, on se réfugie dans un café et mangeons un choco-croissant.

 

  Dimanche 14/08

 

Barbecue au bord de la rivière Arakawa à l'occasion de l'anniversaire de Donghi la Coréenne. Autour du feu se sont réunis des Polonais, des Français, des Allemands, des Japonais et même des Hong Kongais. Leçon n°5 : au Japon après un pique-nique quand la nuit tombe, il faut sortir les Hana-Bi (feux d'artifices) -  photos

 

Par Benjamin & Maelle
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Jeudi 6 octobre 2005

 

Semaine du 15 au 21 août

 

  Lundi 15/08 :

 

 

 

Nous visitons le matin des appartements avec l'agence TokyoRent. Première halte à Minowa pour jeter un coup d'oeil à des petits studios gentiment rénovés, puis on saute dans un tramway, unique survivant en son genre du Tokyo d'après guerre. Les rails oubliés dans la verdure se glissent entre une allée d'immeubles, traversant timidement quand ils le doivent, une route de véritables voitures. Sur le trajet, serrés entre un retraité et une jeune mère flanquée de 3 mouflets, nous apprenons de notre agent immobilier que les Chinois feraient mieux d'imiter les Japonais en oubliant les misères subies dans le passé. Conseil avisé d'un envahisseur, qui connut lui-même les affres de l'invasion, à son ancienne victime. Nous descendons à Horifune, suivons notre guide dans les rues d’un quartier populaire et vivant et grimpons finalement dans un petit immeuble cubique comme le sont souvent les maisons japonaises. Les habitations ont à Tokyo des dimensions plutôt raisonnables pour une grande ville, on voit le ciel plus souvent qu’à Paris et de l’air est apporté par les espaces qui sont conservés entres chaque maison en raison des tremblements de terre fréquents. La ville est ainsi sillonnée par de milliers passages minuscules comblés par des fleurs et des arbustes plantés par des Tokyoïtes à la main verte. L’appartement n’est pas très grand mais refait à neuf, nous avons pu remarquer jusqu’à maintenant que les Japonais n’aiment pas vivre dans le vieux, l’âge des constructions dépassent rarement une ou deux décennies, peut-être tout simplement parce que l’entretien des bâtiments n’est pas leur fort. Appartement et quartier sont sympas, mais le loyer beaucoup moins. Nous ne vivrons pas à Horifune.

 


Le soir, dans le quartier de Kasuga, nous avons entendu des cris d'épouvante déchirer la nuit. Ils se répétaient à intervalles réguliers, glaçant le sang du plus endurci d'entre nous. Un objet plus noir que la nuit, glissant sur un chemin de fer en rien commun à celui sur lequel nous avions roulé le matin même, passa au-dessus de nos têtes en effectuant une boucle complète. Il y avait des gens à l'intérieur du projectile, qui devaient trouver qu'avoir la tête en bas et les pieds en haut était une chose désagréable, car ils ne cessaient de crier pour qu'on vienne les décrocher. L'objet finit sa course en disparaissant entre deux magasins. Leçon n°5 : les Japonais aiment faire des montagnes russes dans les centres commerciaux. Nous, on était juste venus acheter des T-Shirts chez Uniqlo, y a pas mieux et pas moins cher.

 

 

  Mardi 16/08 :

 

 
 

Maëlle a la tête qui tourne, le vertige me gagne à mon tour et les boules à thé non plus ne se sentent pas bien, elles s’agitent sur leur présentoir. L’appartement de Gentiane et Antoine est un bateau sur une mer houleuse, les fenêtres vibrent et la vaisselle dans le placard fait entendre sa porcelaine . La terre tremble et Tokyo aussi. L’idée met du temps à faire son chemin. La secousse n’en finit plus, qu’est ce qu’on est censé faire, se glisser sous une table ou courir dans la rue en criant à l’aide? Le téléphone sonne, Gentiane nous rassure, ce tremblement de terre n’est pas méchant. La terre se calme, les dernières ondes se propagent doucement comme un frisson qui s’enfuit. Nous sommes dans le même état que si nous avions croisé le chemin d’un animal dangereux mais fabuleux.

 


Comme la vie ne s’arrête pas là, l’après-midi nous continuons nos recherches d'appartement, avec un nouveau petit tour chez Bamboo House. Très belle chambre dans le style japonais mais les parties communes sont vraiment trop crades.

 


On fait des courses sous les rails de Ueno pour préparer à nos hôtes des Phad Thaï. Pas facile de trouver les aliments nécessaires avec des étiquettes japonaises.

 

 

  Mercredi 17/08

 

 

Petit tour du côté de Ginza, le boulevard Haussmann japonais. Dans les department stores nous nous pâmons devant les kimonos et les obis (ceinture) brodés. Quand on sort dans la rue, c'est pour une gaufre belge au sirop d'érable que nous vendons notre âme.

 

 

Le soir petit dîner sur fond de sushis et sashimis aux oursins et à la seiche avec Christian le diplomate qui aime collectionner, parmi tant d'autres choses, les catalogues japonais. Il nous perd ensuite dans la translation de Roppongi - photos. Mes  chaussures par contre je ne risque pas de les perdre, je les ai achetés trop petites, j'ai les pieds en compote.

 

  Jeudi 18/08

 

Visite du quartier d'Asakusa, ses magasins d'articles de restaurants et son temple Senso Ji, sur le toit duquel se couche un soleil épuisé par sa journée. Autour de ce lieu sacré, les Japonais superstitieux nouent sur des barres de métal leur destinée inscrite sur un papier qu'ils ont sorti d'un tiroir - photos. Nous finissons cette journée dans le parc de Nezu avec du Mos Burger dans la bouche. Cette chaîne de Fast Food japonaise concurrence MacDo en réusissant à faire parfois beaucoup mieux, le dessert au matcha et haricot rouge est une merveille. Dans le parc, la nuit engloutit nos silhouettes et nos sandwiches, une bande de lycéen intervient pour troubler le calme et l'obscurité avec une pluie de Hana-Bi.

 

  Vendredi 19/08

 

 

 

Visite d'un appartement à Ikebukuro, le maître des lieux est polonais et circule dans un petite voiture bleue pourrie. Mais il ne sent pas la vodka. On grimpe les 6 étages d'un magasin consacré uniquement aux mangas et à leurs produits dérivés. Difficile de ne pas craquer pour toutes ces conneries, c'est tellement mignon ! On repart avec du Full Metal Alchimist et du Ghibli sous le bras. Le pendentif Shihiro va habiller notre téléphone, on le laissera dépasser de notre poche comme les Japonais, le tablier Totoro lui décorera les murs de notre futur appartement.

 


A quelques pas de Omotesando on découvre le Parc de Yoyogi avec le merveilleux temple en bois de Meiji Jingu et ses moustiques carnivores
- photos. Achat de nos 2 magnifiques vélos que l'on étrenne en se rendant à coup de pédales au Matsuri (fête de quartier) de Azabu-Juban - photos. On tombe sur une démonstration de Samba. Leçon n°6: les Japonaises aussi savent remuer leurs corps.

 

 

  Samedi 20/08

 


On choisit enfin notre appart. Bamboo House est l'heureux élu. 1 pièce qui fait salon, chambre et cuisine, entièrement équipée, rien ne manque même pas le rice cooker qui a des rondeurs magnifiques, un écran digital et une cuillère plantée derrière la tête comme une antenne. C'est pas super neuf mais c'est chez nous.  Emménagement prévu le samedi 27 août.

 


A midi, pique-nique dans un charmant petit parc et le soir, dégustation de sake avec Gentiane et Antoine.

  Dimanche 21/08

 

 

Petite virée en bande à la mer. Le vent souffle, le sable s'infiltre partout et veut faire parti de mon déjeuner. Dans l'eau, il y a des vagues, nous glissons sur l'eau pour disparaître dans le chahut de l'écume, c'est le bonheur. On batifole tranquille, les David Hasselhoff et Pamela Anderson japonais dans leur maillot de bain rouge nous surveillent. Leçon n°7 au Japon on ne plaisante pas avec les bains de mer. A 16H30, nos sauveteurs lèvent le bras en guise de salut à la mer et déguerpissent manu militari. La plage est à nous. Le soir, nous mettons laborieusement au point un barbecue qui nous grille nos tranches de porc. On finit comme il se doit par un hana-bi (feu d'artifice) - photos

 

Par Benjamin & Maelle
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Lundi 10 octobre 2005

 

Semaine du 22 au 29 août

 

 

  Mardi 23/08 :

 

 
 

 

Grande virée en vélo - photos - à l'autre bout de la ville pour une promenade entre les pattes de l'araignée de Roppongi. Le vélo à Tokyo demande de l'adresse et de l'attention, non pas pour éviter les véhicules mais pour ne pas percuter un piéton. Les bicyclettes ont leur place sur les trottoirs et pas vraiment sur la route où on les aime pas. Il faut donc pédaler avec une main sur la sonnette qui tinte à tout bout de champ pour prévenir le passant mal réveillé que nous allons surgir dans son dos. Les réactions varient suivant le candidat, il y a ceux qui se poussent vite, ceux qui sursautent au risque de se retrouver sur la route et les imperturbables, ceux là pas moyen de les bouger, bruit de clochette ou pas, ils se font un devoir de ne pas dévier de la route qu'ils se sont choisie. A vrai dire, tout ça est un peu chaotique, la vie que l'on croyait si bien rangée des japonais devient sur un vélo une véritable anarchie : ils roulent sur les bas-côtés à fond les ballons, font crisser leurs freins, descendent sur la route pour prendre la circulation à rebrousse poil, et grillent  les feux rouges; ce qu'ils n'oseraient jamais faire à pied. Reste que c'est un moyen de transport très prisé ; au cours de nos sorties nous pédalons au côté des jeunes mamans qui baladent leurs enfants qu'elles rangent dans un petit panier à l'avant, là où moi j'aurais mois mis mes courses, des vieilles dames qui se rendent à leur station de métro favorite, des coursiers branchés sur des talkies-walkies  qui livrent des plis aux multinationales et parfois si on a un peu de chance, on peut apercevoir posée sur deux roues devenues ovales, la massive silhouette d'un sumotori pédaler jusqu'au stade de Kokugikan. Nous nous arrêtons au pied de la tour de la TV Asahi dans un Starbucks cosy flanqué d'une librairie où nous passons l'après-midi à taper nos textes. Le soir venu, nous zigzaguons entre quelques gouttes de pluie pour rentrer chez Gentiane qui nous a préparé un dîner de pasta au Pîîstou. Les spaghettis disparaissent dans notre gosier en même temps que nous regardons Kiki la Petite Sorcière apprendre à voler de ses propres ailes.

 

  Mercredi 24/08

 

 

 

On commence à découvrir le bonheur des boutiques à 100 yens (0,75 euros) - photos. Nous achetons de quoi équiper notre futur chez nous bols, baguettes...L'ensemble est superbe tout de noir, rouge et bois, le plus beau du Japon pour quelques euros. Petit tour à Asakusa, on craque pour un Manekineko (chat porte bonheur) tout creux et tout jaune qui sourit de toutes ces moustaches. Il servira à brûler des serpentins pour combattre les moustiques, un des plus grands fléaux de Tokyo- photos.

 

  Jeudi 25/08

 

On tape nos recettes turques que l'on met en pratique sous forme de muhallebi -recette, sorte de pudding que l'on recouvre d'une ganache et d'un coulis de fruit rouge. Histoire de voir ce que font les grands on va se frotter à Ducasse chez Benoît où nous accueille avec chaleur Natsuko que nous rencontrons pour la première fois. C'est Caroline notre amie du Brésil, croisée par hasard au détour d'un bar andalou, qui nous a mis en contact. Française de mère japonaise, Natsuko travaille depuis plusieurs années pour Alain Ducasse, elle est venue l'année dernière au Japon afin d'assurer la communication de l'ouverture des restaurants Beige et Benoît. Nous échangeons nos histoires en croquant les pâtisseries qu'a posé sous notre nez, Massimo, le sympathique chef cuisinier de Benoît.

 

 

  Vendredi 26/08

 

 

 

 

En voyage il faut aussi se cultiver un peu alors nous avons fait un petit tour du côté du Museum National - photos- où nous avons passé l'après-midi au milieu des sabres, des estampes et des kimonos. Le soir, nous nous sommes rendus au port, pour accompagner Gentiane et Antoine à leur bateau. Nous dînons dans une gargote sympathique, où des "salary men"  fêtent avec entrain et saké la fin de la semaine. avec du riz au thé (chazuke) qui a fini sur la jupe de Gentiane et du pain, proche cousin du Nan.

 

 

 

  Samedi 27/08

 


Nous posons nos valises chez nous -photos. Home sweet home. Surprise l'appartement est plus rangé et plus propre que prévu. A notre demande le lit a été remplacé par des futons qui se roulent.

 

L'après-midi, Asakusa nous offre un défilé de Samba digne du Sambodrome de Rio -photos. Sous les yeux médusés des vieux Japonais qui ne perdent pas un fil, 24 écoles de danse brésilienne défilent dans les rues du quartier. Quand les Japonais dansent le Brésil, ils ont un enthousiasme communicatif. Otimo Japan !

 

  Dimanche 28/08

 

 

 

Brocante du côté de Harujuku, nous y achetons des yukatas et des kimonos à deux sous la livre. Entres 2 puces, nous rencontrons par hasard Christian le diplomate qui nous gratifie d'une balade aux alentours du parc Meiji. En chemin, nous croisons par dizaine des jeunes filles habillées comme Dorothy dans le magicien d'Oz ainsi que leurs rivales vêtues de costumes gothiques -photos.

 

Dans le parc, les Japonais qui aiment décidemment se livrer à toute sorte d'activité, nous offrent un défilé de danse mi-sportive mi-traditionnelle alors que dans un coin faisant face aux combattants de Kendo, des amateurs de yukulele grattent les cordes de leur mini-guitare.

 

Retour dans notre quartier où un Matsuri à l'humeur familial bat son plein. Des stands de nourriture ponctuent l'allée qui mène au temple, où certains prient alors que d'autres font des jeux de foire -photos. Pendant que le Mikoshi (temple portatif) se balade au-dessus des têtes, nous mangeons des Udons (pâtes de riz) excellents.

Par Benjamin & Maelle
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Lundi 17 octobre 2005

 

Semaine du 29 août au 4 septembre

   Lundi 29/08

On apprend à connaître notre nouveau quartier - photos. Un escalier mène à une petite rue piétonne où donnent des magasins au charme désuet. Nous sommes loin du Tokyo des néons et des buildings, à Nippori l'atmosphère est plutôt celle d'un village. C'est l'heure de manger nous trouvons au coin de la rue un petit magasin qui prépare tout un tas de bento (petit plat à emporter). Nous avons de la chance, la vendeuse nous gratifie chacun d'un oeuf dur. Impossible de lui expliquer que nous n'aimons pas ça.

Maëlle donne son premier cours de Français (gratuit) à Aya. Et moi je ferais bien de prendre des cours de cuisine, mon maki d'omelette ne ressemble à rien.

  Mardi 30/08

11h15, notre train "rapid" mais pas express nous dépose à Nikko petite ville à 150 km de Tokyo. Nous découvrons des temples et jardins en accord parfait avec la nature millénaire qui les entoure - photos. Dîner à la volée dans un petit restaurant pour gagner ensuite notre pension. Pour notre première nuit dans un hôtel traditionnel, il nous faut apprendre les rudiments de la cérémonie du bain, moment sacré de la journée pour un Japonais. Il y a encore quelques décennies, les bains publics était un lieu où les Japonais aimaient se retrouver en fin de journée pour se délasser dans l'eau chaude et discuter des affaires courantes. Aujourd'hui si les salles de bain de privées se sont répandues au point de diminuer le nombre des bains publics, le rituel est resté inchangé.

Pour gagner la salle d'eau, on transite par un vestibule qui sert de pièce pour se dévêtir, vêtements propres et affaires sales sont soigneusement rangés dans deux paniers séparés posés sur une étagère. On passe ensuite à la douche que l'on prend littéralement à côté de la baignoire, pas de soucis pour l'eau, le sol de la pièce entièrement carrelé est prévu pour l'évacuer. Ce décrassage est absolument obligatoire avant de retirer le couvercle de la baignoire profonde où il est facile de s'immerger à deux avec de l'eau jusqu'au cou. Le moment est agréable, il faut juste se faire à l'idée que l'eau n'est changée qu'une fois par jour et espérer que vos prédécesseurs ont mis autant d'énergie que vous pour se nettoyer.

22 heures, nous tirons les portes coulissantes en papier de riz de notre chambre de 6 tatamis, déroulons nos futons, un dernier coup d'oeil à la composition florale disposée par notre hôtesse dans un angle sous une estampe et nous glissons notre viande dans le torchon.

  Mercredi 31/08

Petit déjeuner mi-occidental, mi-japonais champignons, soupe, riz et petits pains. Un reportage à la télé dresse le portrait d'un acteur coréen à lunette qui fait déplacer des foules d'admiratrices.

Nous continuons notre exploration de Nikko et des environs, grimpons dans la forêt par un chemin ponctué de petits temples tranquilles. Promenade le long de la rivière pour saluer Jizo, le dieu du voyage parfois coiffé d'un foulard rouge et nous rendons dans le musée des panneaux coulissants.

J'aime le bois rouge laqué, la mousse verte sur la pierre des statuts posées sous les arbres au tronc immense et rose. J'aime surtout poser ma tête sur le ventre de Maëlle dans cette maison-musée à l'architecture idéale, que nous avons rien que pour nous. De la fenêtre du 1er étage où nous nous sommes allongés, notre regard se perd dans la cime des arbres.

   Jeudi 01/09

Trouver un arubaïto (petit boulot) au Japon, n'est pas une chose aisée si vous ne parlez pas japonais. Ne pas comprendre ce que vous dit votre collègue ou pire ne pas savoir prononcer les 10 formules de politesses indispensables quand vous vous adressez à un client est rédhibitoire. Un petit espoir avait pointé le bout de son nez quand le patron de l'Amenis Bar que nous avions contacté par téléphone nous a annoncé qu'il cherchait surtout des serveurs anglophones. Nous avions rendez-vous à 18 heures dans ce bar situé dans le quartier de Roppongi. Déco de bois foncé, mobilier imposant, miroirs géants et dorures rutilantes, le cadre aurait pu être celui d'une maison de plaisirs ou d'un bar de casino à Las Vegas. Les serveurs venaient de tous les pays du monde et sur un mur on pouvait lire les horaires du bar : 18H-6H. Le patron du lieu, assis sur des sièges en velours rouge en imposait derrière sa table. Un corps aux dimensions d'armoire normande, enveloppé d'une chemise portée près du corps sur lequel était posé un visage d'un noir profond. Il passa une grosse main sur son crâne rasé comme s'il caressait du papier de verre et nous tendit l'autre en nous invitant à nous asseoir. Une brève discussion suffit à nous apprendre que nous n'étions pas ceux qu'il cherchait. Il lui fallait un personnel qui reste longtemps pour que les clients puissent s'y attacher. On se quitta bons amis, il était 18H15.

   Vendredi 02/09

Nous faisons une première tentative pour aller nager à la piscine publique Au Japon la piscine fonctionne par tranches horaires de 2 heures. Nous sommes arrivés à 12H45, la session qui avait commencé à 11H30 finissait à 13H30, la suivante débutait à 14H. Attendre 1H15 ne nous disait rien. Nous remettons notre envie de sport à plus tard, le bain ne sera pas pour cette fois.

Je me rends à Kamiacho, ligne de couleur grise Hibiya, pour un entretien avec Mark Donnely. Job à pourvoir selon l'annonce : coordinateur dans le telemarketing temps partiel ou temps plein, possibilité d'évolution. Description un peu vague, mais Mark ne veut pas me donner de détails par téléphone, il souhaite me rencontrer. Au 7ème étage d'un immeuble de briques, je suis accueillie dans un bureau plutôt vide, un ordinateur portable posé sur un bureau et un range cartes de visite très rempli. Nous nous asseyons dans un canapé de cuir vieillot et discutons. Peu de questions, il souhaite surtout me vendre le poste, il s'agit de contacter la communauté française sur Tokyo et de leur proposer des entretiens avec lui ou son homologue français, pendant lesquels ils leur proposeront des placements offshore, selon lui, les Français préfèrent être abordés par des Français. Sur chacun des contrats signés je touche une prime, en plus d'un petit fixe. Je peux travailler à mi-temps, 5 heures par jour et rester autant de temps que je veux. Vive la flexibilité. Je me laisse 2 jours de réflexion.

  Samedi 03/09

Ikebukuro : department store Tobu, 9ème étage, un hall d'exposition a été investi par des femmes de tout âge : compétition d'Ikebana, art de la composition florale. Les créatrices, leurs amies, les juges et visiteurs circulent à travers les allées pour admirer les bouquets - photos. Dans des recoins, ont été reconstitués de petits salons, dans lesquels se déroule  le fameux Cha-no-yu, cérémonie du thé. Aujourd'hui, apanages des filles de bonne famille, l'art de l'Ikebana et du Cha-no-yu ont été introduits au XVe siècle par le moines du Zen. L'esthétisme dépouillé de l'agencement des branches de fleurs répond aux gestes mesurés manipulant la poterie austère qui caractérisent la cérémonie du thé dans une recherche commune d'une beauté à la simplicité apaisante. En suivant des rituels simples et codés, ces formes d'art expriment tous les deux une passion très japonaise pour le minimalisme visant à atteindre une sérénité intérieure.

Ne participe pas qui veut à la cérémonie du thé, d'abord il faut faire la queue en se tenant bien droit dans son kimono rehaussé par un obi brodé, puis arriver à rester sans bouger, assise les fesses sur les talons en attendant que votre hôtesse vous tende un bol. Il est conseillé de posséder des feuilles de papier et un petit couteau pour recevoir et couper la pâtisserie servie avec le thé. Quand vient votre tour, avant d'absorber le liquide, il est nécessaire d'admirer le vert profond du matcha (thé vert) et la qualité de la poterie, puis de faire faire au bol une rotation de 8 cm en deux mouvements pour finalement déguster le thé, préparé avec tant d'effort par votre hôtesse. Boire du matcha est presque aussi compliqué que de le préparer : c'est une affaire d'initié.

Notre programme nous conduit ensuite du côté de Futako Shinshi où nous rejoignons un groupe de Français pour un pique-nique. Au bord d'une rivière, sous un pont où passe le métro, sont installés des dizaines de groupes de japonais, ils écoutent de la musique, boivent, dansent et jouent, profitant du beau temps. Les Japonais sont organisés et aiment être à l'aise, tente, frigidaire et groupe électrogène constituent leur équipement. Nous, nous avons juste un petit barbecue qui remplit bien son office et nourrit jusqu'à la nuit tous ces expatriés.

  Dimanche 04/09

Brocante près du métro Monzen Nakacho, on continue de vider notre compte en banque en babioles japonaises.

Essais de cuisine japonaise : aubergines sauce miso, racine de lotus, saumon revenu dans une sauce de shoyu et mirin et riz blanc.

 

Par Benjamin & Maelle
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